Georges Tournay : Retrouver une équipe où on pourra reprendre du plaisir !!! Le 02 Juillet 2012

 

Détendu, souriant, l'homme apparaît pour la première fois sous le regard des médias avec l'étiquette d'entraîneur de l'USBCO. Ce lundi midi, Georges Tournay, juste avant de retrouver la formation Rouge et Noir pour le premier entraînement de la saison, le nouveau technicien boulonnais a été présenté à la presse. Son discours apaisant et sa fraîcheur d'esprit ont semble t-il répondu à l'attente de l'assemblée. Le message est simple : insuffler une nouvelle dynamique à ce groupe avec l'objectif de construire une équipe compétitive !

 

 

Bonjour Georges Tournay. Tout d'abord, bienvenue à Boulogne et à l'USBCO. Pouvez-vous commencer par vous présenter ?

Je suis originaire de Bourlon, un petit village à côté de Cambrai. Club notamment dans lequel  j'ai évolué avant de rejoindre le centre de formation du Racing club de Lens à 17 ans. Au sein du club Sang et Or, j'ai effectué 4 années de formation puis 2 années avec le groupe professionnel. N'ayant pas réussi à m'imposer en équipe première, je suis parti à Abbeville (prêt) en division 2 et ensuite, j'ai évolué à Louhans-Cuiseaux. Aujourd'hui, en tant que joueur, je totalise 350 matches de Ligue 2 et une trentaine de matches de Ligue 1 avec Lens.

En 1992, au moment de l'arrêt de ma carrière de joueur, une opportunité s'est ouverte à moi. A l'époque, Patrice Bergues et Jean-Luc Lamarche cherchaient un entraîneur pour encadrer les jeunes. J'y ai finalement passé 20 ans...

 

Comment expliquez-vous, justement, la fidélité dont vous avez fait preuve envers le Racing club de Lens ? Vingt ans au service d'un même club, cela marque forcément et relève de l'inédit, surtout dans la période footballistique actuelle ?

Exactement. Le Racing club de Lens a toujours été mon club d'adoption. Les gens qui composent ce club, sont des personnes envers lesquelles j'ai beaucoup d'estime. Les supporteurs, que j'ai connus aussi quand j'étais jeune, ont une place particulière dans mon cœur. Formateur, entraîneur adjoint, entraîneur équipe principale... J'ai effectué différents postes au sein de la maison Sang et Or. Et de ce fait, mon attachement au RCL reste important.

 

« Je suis très enthousiaste à l'idée de reprendre l'équipe et de la remettre sur pied »

 

Vous quittez aujourd'hui le club Sang et Or. Sans regrets ?

C'est une volonté personnelle ! Après, il est sûr que de quitter un club, où j'ai travaillé pendant 20 ans, n'est jamais évident. Je laisse derrière moi beaucoup d'affections avec les parents, les joueurs, les éducateurs, les dirigeants que j'appréciais beaucoup. Mais, aujourd'hui, j'ai tout simplement envie de vivre autre chose. Et puis, c'est ce que j'ai dit en partant de la Gaillette, je laisse des fondations qui sont très solides au niveau de la formation. Donc, je pars vraiment l'esprit libre !

 

Et c'est l'USBCO, club voisin du Pas-de-Calais qui vous accueille. Pourquoi ce choix ?

Le choix a été simple. Tout d'abord, pour son côté humain, l'USBCO s'apparente au Racing club de Lens. Ensuite, l'USBCO et moi-même avions déjà eu des contacts avancés lors des saisons précédentes. Lors de l'accession des Rouge et Noir en Ligue 1 et au sujet du remplacement de Laurent Guyot en Ligue 2, le Président Jacques Wattez m'avait contacté, mais cela n'avait pu se faire. Ce qui m'a touché, c'est que le Président de l'USBCO est revenu à la charge une troisième fois. J'ai trouvé son attitude digne et j'ai répondu favorablement à cette demande. Et puis, j'ai envie de relever ce challenge qui est d'arrêter cette spirale négative. Je suis d'ailleurs très enthousiaste à l'idée de reprendre l'équipe et de la remettre sur pied.

 

« Il faudra que nous ayons un objectif collectif et que l'on se retrouve autour de la notion de groupe »

 

Vous serez donc en charge de l'Equipe Professionnelle. Même si vous avez, à plusieurs reprises, épaulé Rolland Courbis et Joël Müller en qualité d'entraîneur-adjoint  pour le RCL et même remplacé Rolland Courbis en qualité d'entraîneur principal lorsque celui-ci n'avait pas été conservé, votre cœur de métier reste tout de même la formation. Qu'est-ce qui vous pousse aujourd'hui à entraîner une formation professionnelle ?

J'ai envie de vivre autre chose. Reprendre en charge une équipe première en se fixant des objectifs, gérer des hommes différemment et faire un bout de chemin avec des joueurs professionnels, voilà ce à quoi j'aspire ! Maintenant, j'ai forcément un peu d'appréhension car je vais découvrir une autre manière de travailler, un autre mode de fonctionnement.  Mais, je ne suis pas inexpérimenté non plus, j'ai quand même un peu d'expérience derrière moi... 

Il faudra que nous ayons un objectif collectif et que l'on se retrouve autour de la notion de groupe. Et pour les joueurs qui ont des égos, il faudra qu'ils prennent leurs responsabilités sur le terrain, qu'ils encouragent les autres, qu'ils se mettent tout simplement au service du collectif. Que leurs égos soient positifs ! Ce qui m'intéresse, c'est de gagner des matches avec les points forts de chacun.

 

Prendre les rênes de l'USBCO alors que l'équipe vient de subir une descente en National, cela ne vous inquiète pas ?

Cela m'inquiète quand même. Mais aujourd'hui, ce qui m'importe, c'est de retrouver une cohésion d'équipe. J'ai déjà vécu la relégation avec Lens, et ce n'est jamais évident de repartir très vite et d'être compétitif immédiatement. Il faut donc que tous ensemble, on se remette à gagner des rencontres. Ma priorité est de regagner des matches très rapidement. La remontée n'est pas le sujet primordial pour l'instant. Il faut avant tout retrouver une équipe, un groupe, où l'on pourra reprendre du plaisir tous ensemble !!!

 


 

« Il y a également quelques jeunes prometteurs qui vont intégrer le groupe professionnel »

 

Vous avez été amené durant ces dernières saisons à superviser l'USBCO plusieurs fois en tant qu'entraîneur lensois lors de différents matches. Que pensez-vous du club ?

L'USBCO a connu la mésaventure qui arrive aux clubs qui montent parfois trop vite, d'une division à une autre. Je me souviens encore quand nous jouions en CFA face à l'USBCO avec le RC Lens. Je pense que les bases nécessaires pour stabiliser le club en Ligue 1 n'ont pas été suffisantes. C'est aussi pour cela que l'on m'a fait venir. Mon but est de stabiliser le club Rouge et Noir. Il y a également quelques jeunes prometteurs qui vont intégrer le groupe professionnel. C'est rassurant car cela veut dire que l'USBCO possède une bonne formation.

 

Et de l'équipe actuelle ?

L'équipe actuelle, je l'ai vu évoluer quatre, cinq fois cette saison. J'ai observé une formation qui n'était pas loin de se maintenir. Il aura manqué de la réussite offensive. Et puis, quand le doute commence à s'installer, des erreurs individuelles surviennent, l'équipe perd en sérénité. C'est la grosse difficulté de l'entraîneur qui doit inculquer une confiance à ses joueurs même dans les moments de doute. Mais, il n'a pas manqué grand-chose la saison dernière. J'ai l'image du match Boulogne - Lens, la saison dernière, où Lens ne doit jamais l'emporter. C'est pourquoi, il faut être très lucide sur la situation. Avant de parler de remontée immédiate, il faut déjà rebâtir une équipe, trouver aussi des joueurs qui ont envie de jouer, de tout donner et qui ont repris de la confiance !

 

« Les joueurs qui ont des égos, il faudra qu'ils prennent leurs responsabilités sur le terrain, qu'ils encouragent les autres, qu'ils se mettent tout simplement au service du collectif »

 

La reprise s'effectue ce lundi, quelles seront vos premières consignes ?

Je dirais aux joueurs qu'ils ont pu, pendant leurs vacances, se vider la tête. J'espère qu'ils y seront arrivés. Et si certains ont encore la tête dans le sac, on prendra trois, quatre jours pour éliminer la chose dans le but de retrouver des objectifs tous ensemble. Certains ont, à mon avis, l'ambition de recommencer une nouvelle saison et de mettre de côté cette descente pour repartir de plus belle. Aujourd'hui, l'USBCO reste un club solide, qui détient des structures, possède une vraie ambition, et qui est conscient qu'il doit régler quelques soucis financiers. Le club, c'est certain, ne pourra pas s'engager sur des salaires qu'il ne pourra pas tenir. Il faudra oublier l'issue de la saison dernière et retravailler ensemble. L'embellie ne prendra peut être pas de suite, il faudra un peu de temps. Dans le football, rien ne vient comme ça, les victoires, c'est le résultat d'un travail !

 

Vous êtes accompagné de Stéphane Cassard en qualité d'entraîneur adjoint. Le connaissez-vous ? Avez-vous pu échanger avec lui ?

Oui, je le connais. C'est quelqu'un de très professionnel. Il a une très bonne réputation dans le milieu. Nous avons également un ami commun, qui est Michel Ettore, et qui m'a parlé positivement de Stéphane. Après, il va falloir que je sois entouré d'un adjoint pour m'aider notamment lors des séances. Au départ, ce sera Nicolas Rabuel qui m'aidera, jusqu'à ce qu'un autre entraîneur vienne m'assister.

 

« Avant de parler de remontée immédiate, il faut déjà rebâtir une équipe, trouver aussi des joueurs qui ont envie de jouer, de tout donner et qui ont repris de la confiance ! »

 

Pouvez-vous nous exposer brièvement votre philosophie de jeu ? Qu'est-ce qui vous importe dans le football ?

Je viens d'un club où nous avons toujours eu une philosophie de jouer que ce soit à la formation comme chez les pros. C'est bien de produire du jeu, de vouloir marquer des buts, mais tout dépend des joueurs qui constitueront notre équipe. Si j'ai deux bons avants-centres, je ferai jouer les deux, si j'ai un bon numéro 10 et un bon attaquant, on jouera de cette manière là. Une chose est sûre, on ne va pas partir à l'abordage. On va reprendre les bases du football et puis, on s'adaptera en fonction de la qualité des joueurs qui seront à ma disposition.

 

Les supporteurs attendent patiemment ce début de saison. Avez-vous un mot à leur adresser ?

Si je suis venu ici, c'est que je sais que les supporteurs boulonnais sont à l'image de ceux que j'ai connus à Lens. Ce sont des gens passionnés qui donnent tout pour leur club. Je vais forcément leur demander un peu de patience en début de saison, car aujourd'hui, certains points restent encore à déterminer. Mais, ils peuvent compter sur moi, car avec les joueurs, nous ferons tout pour leur redonner de la joie de vivre à la Libé et tous les 15 jours lors des matches à l'extérieur !!!