L'histoire de l'USBCO

de 1898 à nos jours

Les pionniers

Fondée par des jeunes sportifs en décembre 1898, l'Union Sportive boulonnaise (USB), qui déjà opté pour le les couleurs rouge et le noir, dispute ses premiers matchs sur un terrain de fortune situé place de Capécure. Doyen du football de la Cote, le club va connaitre ses premières heures de gloire sous les présidences de MM. Thierry, Séguier et Demonchaux, en devenant champion maritime 1904, 05, 06, 09 et 22 et champion du Nord 1906 et 1925.

En coupe de France, l'USB atteint les quarts de finale en 1929 et fournit plusieurs joueurs (Bloquel, Mahaux, Mony, Mons et Tillette) à l'équipe de France. Champion de Division Honneur en 1926, le club devient professionnel en 1935 sous l'impulsion de Marcel Lacroix mais ne jouera qu'un role anonyme en 2e division jusqu'au deuxième conflit mondial. En coupe de France, en revanche, les Rouge et Noir réalisent une superbe épopée lors de la saison 1936-1937. Tombeurs de Mulhouse et du prestigieux Racing-Club de Paris (1-0 à Rouen), tous deux pensionnaires de l'élite, les Rouge et Noir atteignent les demi-finales mais s'inclinent lourdement (0-6) au Parc des Princes contre Sochaux, autre équipe-phare de l'époque, bardée d'internationaux.

 

Ombres et lumières

Les conséquences de la guerre vont priver Boulogne d'une formation professionnelle pendant vingt ans. Une période où les Rouge et Noir participent aux championnats de Promotion et Division Honneur avec pour terrain le stade Henri-Fonteilles au Moulin-Wibert après une parenthèse de deux ans sur le site du futur stade de la Libération et sur une aire de jeu perpendiculaire à l'actuelle pelouse. Ce n'est qu'en 1952 que l'enceinte du boulevard Eurvin deviendra définitivement l'antre des Boulonnais. Ces années-là, le système des montées et descentes entre l'élite amateur et la 2e division pro n'est pas encore de rigueur et c'est uniquement sur candidature que les postulants au statut pro peuvent etre élus. Refusée en 1957, l'US Boulogne, sous l'impulsion d'un président nommé Pierre Wattez, est plus heureuse deux ans plus tard après l'abandon de Perpignan.

La saison 1959-1960 est donc celle du grand retour dans le giron et la 'Libé' accueille plus de 10.000 spectateurs pour la venue du LOSC. Un record qui tiendra jusqu'en février 1992 et un 16e de finale de coupe de France de feu contre le Paris-Saint-Germain disputé devant 12.500 privilégiés.

L'époque dorée

Ce retour en pro sera sans éclat jusqu'à la saison 1964-1965 où, conduits par André Cheuva, les Rouge et Noir terminent 5es et disputent les barrages d'accession contre les 16e et 17e de 1re division, Nimes et Rouen. Vainqueurs à domicile (1-0 et 2-1), les Boulonnais sont laminés en Normandie (6-0) puis battus dans le Gard (3-1) et ratent la D1 à la différence de buts. Cet échec va précéder une période de sévère récession qui verra l'USB terminer bonne dernière en 1968 et 1969 et ne devra qu'au règlement en vigueur de ne pas descendre.

Au printemps 1969, l'US Boulogne, alors présidée par René Depreux, devient Union Sportive du Grand-Boulogne (USGB) et une opération socios menée par Paulet Rousseaux permet au club de se renflouer et de recruter du haut de gamme. C'est la relance à laquelle viennent s'ajouter les premiers matchs en nocturne au stade de la Libération début 1970. De 1969 à 1974, l'USGB va tenir le haut du pavé et postuler à l'accession en D1 avec une pointe en 72-73 où, successivement entrainés par Daniel Lengrand, Léon Deladérière et André Pruvost, les Rouge et Noir occupent la 1re place de janvier à juin. Sauf qu'une défaite (0-1) concédée dans des conditions scandaleuses à Lorient lors du dernier match et une différence de buts inférieure à celle de Lens les prive du titre. Opposés en barrages à Monaco, le 2e de l'autre groupe, les Rouge et Noir seront laminés (2-2, 1-8). C'est le début de la fin puisque le club va peu à peu glisser dans les profondeurs du classement.

Reléguée en 3e division en 1979 et contrainte d'abandonner le statut professionnel, l'USGB touche le fond trois années plus tard avec une descente en Division Honneur. Secrétaire général de l'époque dorée, Robert Sénéchal prend la barre du navire en perdition qui va retrouver le bon cap. Sous la conduite de Bernard Souilliez, l'USGB accède en D4 de l'époque (1982) puis, sous la présidence de Philippe Néyrinck, rejoint la D3 dix ans plus tard suite au retrait de Compiègne. Alors adjoint aux sports, André Delnieppe lui succède mais le club retombe en Nationale 2 (le 4e niveau de l'époque) puis évite le pire grace à l'intervention du maire de la ville, Jean Muselet, qui injecte un million de francs. Jacques Wattez prend alors la présidence et, en compagnie de Jean-jacques Fiolet, venu poser ses valises dans le premier port de peche, entreprend une vaste entreprise de reconstruction.

 

La consécration

Coiffée sur le fil lors de l'ultime journée de CFA par Raon-l'Etape en 1997 après un 16e de finale de coupe de France contre Laval (1-2) à Lens qui déplace 5000 Boulonnais dans 52 autocars, l'USGB devient, la saison suivante, Union Sportive Cote d'Opale. Celle-ci fete son centenaire par un 8e de finale coupe de France d'anthologie contre Marseille (0-1) avec Alex Dupont aux manettes puis une victoire de prestige (2-1) contre le grand Liverpool. Coté championnat, la montée en National se refuse aux Rouge et Noir lors de la dernière journée de la saison 1999-2000 à l'issue de laquelle l'USBCO (102 points) se fait souffler le titre par Dijon (103 points), vainqueur à Calais (1-2).

Mais l'exercice qui suit sera le bon et les Rouge et Noir franchissent enfin le Rubicon lors de l'avant-dernière journée en battant (1-2) la réserve de Metz à Epinal. Bruno Dupuis, l'homme par qui le bonheur est arrivé, passe le relais à Jacky Colinet qui connaitra, hélas, les affres d'un retour express en CFA encore et toujours au terme du dernier match 2001-2002 sanctionné d'une lourde déconvenue à domicile (1-5) contre Angouleme.

Après deux saisons au quatrième échelon hexagonal, l'USBCO va renaitre de ses cendres avec l'arrivée aux manettes techniques de Philippe Montanier et Hubert Fournier qui conduisent les Rouge et Noir au titre de CFA en 2005 puis à l'accession du National à la Ligue 2 deux ans plus tard.

La suite, on la connait. Après un maintien sur le fil de l'ultime match 2007-2008, Hubert Fournier émigre à Gueugnon et c'est avec Michel Troin en qualité d'adjoint que coach Philippe va hisser le club en élite pour la première fois de son histoire par le biais d'une 3e place en Ligue 2 la saison passée.